Ouvrir un compte en Thaïlande

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Vous avez des intérêts professionnels et financiers en Thaïlande, vous vous y installez… L'ouverture d'un compte bancaire dans une banque thaïlandaise est une étape nécessaire. C'est très simple, sauf si vous n'avez qu'un visa touristique. Dans ce cas-là, l'opération ne sera pas impossible, seulement un peu moins simple.

Voici comment ouvrir un compte bancaire en Thaïlande.

 

Zoom sur les visas en Thaïlande

La simplicité de l'ouverture d'un compte bancaire en Thaïlande dépend, en partie, de votre visa. Les pièces demandées pourront varier, non seulement en fonction des banques, mais également en fonction de votre « statut ».

Voici les principales différences entre les visas :

  • visa touristique (15 jours avec prolongation possible jusqu'à 100 jours) ;
  • visa non-immigrant O-A (visa retraite, 1 ou 2 ans maximum) ;
  • visa non-immigrant O, B, ED (visa affaires, stage, étude, famille).

Bon à savoir : la prolongation de séjour d'un an d'un visa non-immigrant O ou l'obtention d'un visa non-immigrant O-A est également subordonnée à la possession d'un compte bancaire.

1. Choisissez votre banque

La monnaie thaïlandaise est le bath. Ne pas ouvrir de compte en Thaïlande si vous y séjournez pendant une période relativement longue supposera donc d'être soumis, dans votre vie courante, au taux de change fluctuant et de supporter les frais de retrait.

Le système bancaire thaïlandais est solide, contrairement à l'image que l'on peut parfois s'en faire. Si vous avez un compte bancaire thaïlandais, vous ne supporterez les frais de change que lors de la conversion de vos euros en baths, de l'ouverture de votre compte ou de son alimentation lors des virements depuis vos comptes en euros.

  • Certaines banques françaises sont implantées en Thaïlande : contactez votre conseillez financier afin de connaître la nature du partenariat et les éventuelles simplifications qu'il peut vous proposez dans vos démarches.
  • Enfin, choisissez une banque bien implantée sur le territoire : le retrait dans un distributeur de billets d'une banque différente de la vôtre sera facturé.

2. Réunissez les pièces justificatives nécessaires à l'ouverture d'un compte en Thaïlande

Les pièces demandées dépendront de la banque choisie, voire de l'agence. Mais vous aurez généralement à fournir :

  • un passeport, pièce essentielle à toute demande ;
  • un permis de travail ou, à défaut, un certificat de résidence délivré par l'ambassade.

Bon à savoir : si vous avez un visa touristique, il vous sera demandé une lettre de recommandation d'une personne considérée comme acceptable (professeur d'université, client de la banque…).

  • un dépôt minimum (environ 500 baths, soit 12 €).

3. Utilisez votre compte thaïlandais

Une fois votre compte ouvert, la banque vous fournira :

  • dans un premier temps, une carte de débit : le montant sera débité immédiatement de votre compte ;
  • et, éventuellement, une ATM card (carte de retrait), avec laquelle vous ne pourrez retirer que dans les distributeurs de votre banque ;
  • un numéro SWIFT pour effectuer des virements internationaux.

Bon à savoir : une autorisation de découvert ne vous sera pas accordée tant que vous n'aurez pas prouvé par l'utilisation de votre compte votre solvabilité.

4. Déclarez votre compte thaïlandais à l'administration fiscale française

Les contribuables domiciliés en France doivent déclarer à l'administration fiscale les comptes « ouverts, détenus, utilisés ou clos » à l'étranger (article 1649 A du CGI). Cette nouvelle formulation, issue de la loi n° 2018-898 du 23 octobre 2018 relative à la lutte contre la fraude, englobe, depuis le 1er janvier 2019, les comptes inactifs ou acquis suite à une donation ou à un héritage. 

Le montant des sommes détenues sur le compte ne vous sera cependant pas demandé. Retrouvez le formulaire de déclaration sur le site impots.gouv.fr. Si vous ne le faites pas, vous encourez une amende de 1 500 € par compte non déclaré.

Bon à savoir : si un contribuable ne déclare pas ses avoirs détenus sur des comptes à l’étranger et dans l’hypothèse où, au cours de l’année, le montant des avoirs détenus sur ces comptes est supérieur à 50 000 €, l’administration fiscale peut redresser le contribuable pendant 10 ans, contre 3 auparavant. Ce seuil de 50 000 € tient compte du total des soldes créditeurs des comptes ouverts à l’étranger sur l’ensemble de l’année, et non plus à la seule date du 31 décembre (instruction Bofip du 22 mai 2019).

De plus, si l’administration fiscale vous adresse un rappel pour vous contraindre à déclarer un compte détenu à l’étranger pour lequel vous n’avez pas rempli vos obligations déclaratives, vous vous exposez à une majoration de 80 % de l’impôt normalement dû. Cette majoration s’applique à l'impôt sur le revenu, l'impôt de solidarité sur la fortune et les droits de mutation à titre gratuit.

À noter : dans le cadre du renforcement de la lutte contre la fraude, la loi n° 2018-898 du 23 octobre 2018 a créé une amende pour les professionnels du conseil juridique, financier et comptable, ou détenant des biens ou fonds pour le compte d'un tiers, qui ont intentionnellement fourni à leur client une prestation visant à constituer une manœuvre frauduleuse (article 1740 A bis du Code général des impôts). Cette amende correspond à 50 % des revenus tirés de la prestation fournie sans pouvoir être inférieure à 10 000 €.

Bon à savoir : l'amende proportionnelle de 5 % pour les comptes non déclarés au 31 décembre dont le solde d'une année dépasse 50 000 € a été supprimée au 24 juillet 2016.

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