Banque universelle

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En France, la banque universelle est apparue au début des années 80. Qu'est-ce que la banque universelle exactement ? Nos explications.

Banque universelle : définition

La banque universelle définit les établissements présents sur l’ensemble des compartiments du marché bancaire où ils proposent tous les types de financements et de prestations de services.

Le modèle de la banque universelle, aussi appelée « banque à tout faire » s’oppose à celui de la spécialisation par « tâches » qui sépare les banques commerciales, les banques d’affaires, les banques spécialisées dans la gestion de fortune, etc.

Aujourd’hui, les 490 établissements de crédit tricolores sont dominés par 6 grands établissements, dont 4 banques universelles : BNP Paribas, Société Générale, Groupe Crédit Agricole et Groupe Crédit Mutuel (La Banque Postale opère exclusivement dans la banque de détail). 

Avantages de la banque universelle

Généralistes, les banques universelles opèrent dans 3 grand domaines :

  • les activités de dépôt ;
  • les activités de prêt, qu’il s’agisse des ménages ou des entreprises ;
  • les activités de marchés et d’ingénierie financière.

Bon à savoir : pour les défenseurs de ce modèle, les banques généralistes sont plus « résistantes » que les banques spécialisées, comme l’a démontré la crise de 2008/2009. Pendant cette période, aucun établissement multispécialiste tricolore n’est resté sur le carreau, même si l’État a dû consentir des prêts de circonstance, tous remboursés depuis.

D’après les experts, les avantages principaux de la banque universelle sont les suivants :

  • Elle permet une diversification cohérente (« corporate strategy »), car chacune des activités de la banque est développée en synergie avec l’ensemble. Au service de clientèles variées, la banque universelle permet le financement de l’ensemble de l’économie.
  • Elle répartit mieux les risques financiers grâce au fractionnement des activités.
  • Elle réduit les coûts grâce aux synergies internes et aux revenus récurrents procurés par les différentes lignes de métier.

Par ailleurs, la puissance financière des banques universelles les aide à se développer à l’étranger où elles détiennent de nombreuses filiales et succursales afin d’accompagner leurs clients. Une soixantaine d’établissements de crédit français sont présents à l’étranger. Hors Europe, le nombre d’implantations est particulièrement élevé aux États-Unis.

À noter : selon le classement 2015 de la société SNL Financial, 3 banques universelles françaises figurent dans le Top 15 des méga établissements européens. Ce sont : BNP Paribas, Crédit Agricole et Société Générale.

Bon à savoir : le système bancaire français est moins internationalisé que ses grands voisins européens. Le taux de pénétration est d’environ 30 % contre, par exemple, 68 % outre-manche, 77 % en Belgique et près de 100 % au Luxembourg.

Banque universelle et critiques

Les détracteurs du modèle de banque universelle soulignent que les établissements généralistes disposent d’une garantie publique qui jouera, par exemple, en cas de crise majeure. Forte de ce soutien, les banques auraient donc tendance à prendre plus de risques, rassurées par la « garantie publique » qui s'ouvrirait en cas de coup dur. Selon la formule consacrée, les banques « privatiseraient » les bénéfices et « nationaliseraient » les pertes.

Rappel : les banques universelles ne sont pas l’abri d’une faillite. Ainsi, le Crédit lyonnais, fondé au 19e siècle et qui avait déjoué la crise de 1929, a disparu au terme d’une politique de diversification (immobilier, rachat de la MGM…) culminant à la fin des années 90. Après la mise aux enchères de la participation de l’État (2002), BNP Paribas et le Crédit Agricole se sont répartis les actifs restants, la banque verte créant alors LCL.  

Les adversaires de la banque universelle sont favorables à un découplage des activités de dépôt et des activités de marché, afin que l’épargne des déposants ne puisse pas être utilisée pour nourrir la spéculation financière.

Aux État-Unis, après la crise de 1929, le « Glass Steagall Act » a imposé la séparation entre banques de détail et banques de financement. Cette ligne de démarcation a été abolie en 1999 à la demande du Sénat américain.

Bon à savoir : à la suite de la crise de 2008, ce débat a ressurgi des deux côtés de l’Atlantique : aux États-Unis avec le rapport Vickers et en Europe après la publication du rapport Volcker.

En France, où la séparation des activités a été supprimée en 1984 sous le ministère de Jacques Delors, plusieurs économistes se sont récemment prononcés en faveur de ce découplage. Une loi a été votée en 2013, mais ce texte n’a pas provoqué de séparation réelle.  

Le débat autour de la scission des activités bancaires ressurgit périodiquement comme ce fut le cas lors du mini-krach de 2015.

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