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Désolidarisation du prêt

Mis à jour le 20/04/2022

Temps de lecture estimé à 3 min

Rédigé par des auteurs spécialisés pagesjaunes

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Couple en séparation
© 123RF / goodluz
Banque

Sommaire.

  1. Légitimité juridique
  2. Modalités de la désolidarisation du prêt
  3. Désolidarisation du prêt et le prêteur

Le terme désolidarisation s’applique lorsque deux personnes, liées par un engagement financier, décident de mettre fin à leur solidarité, par exemple à la suite d’un divorce.

La désolidarisation ne s’applique pas automatiquement : elle nécessite l’accord de l’établissement prêteur.

Légitimité juridique

Lors de la liquidation du patrimoine, un époux peut reprendre seul un prêt immobilier qui a été contracté à deux durant la période de vie commune. L’ex-conjoint a alors intérêt à demander à se désolidariser de l’emprunt, faute de quoi un créancier pourra se retourner contre lui, même après la séparation (part contributive).

En effet, en vertu de l’article 1215 du Code civil, les conjoints sont solidaires des dettes contractées ensemble et l’un d’eux peut être redevable des échéances impayées de son ex-époux (se) si celui-ci est dans l’incapacité de faire face à ses échéances.

Modalités de la désolidarisation du prêt

Pour se désolidariser du prêt et échapper au principe de solidarité, une demande de désolidarisation doit être envoyée à la banque prêteuse avec accusé de réception.

En pratique, le conjoint souhaitant la désolidarisation doit joindre à sa demande une déclaration écrite de l’autre partie (l’attributaire) confirmant son souhait de reprendre la totalité de l’emprunt immobilier à sa charge.

L’attributaire doit aussi spécifier par écrit qu’il renonce à demander au conjoint désolidarisé le remboursement des sommes restant dues, ce qui écarte l’éventualité de poursuites.

L’accord de la banque n’est pas automatique : si elle estime que le conjoint attributaire n’a pas les reins assez solides pour prendre en charge la totalité des traites, elle peut refuser la désolidarisation. En théorie, l’effort de remboursement ne doit pas dépasser 35 % du revenu disponible net d’un emprunteur.

Bon à savoir

Dans sa décision du 29 septembre 2021, le Haut Conseil de stabilité financière (HCSF) a rendu contraignantes certaines de ses recommandations relatives aux conditions d’octroi d’un crédit immobilier : à partir du 1er janvier 2022, le taux d’effort des emprunteurs de crédit immobilier est limité à 35 % maximum, assurance emprunteur incluse ; et la durée de remboursement est de 25 ans, avec deux ans de différé maximal. Les banques ont tout de même la possibilité de déroger à ces critères pour 20 % des crédits immobiliers.

Si la banque considère que l’attributaire présente les garanties nécessaires, elle donnera d’abord un accord de principe. La modification du contrat de prêt ne pourra intervenir qu’après l’attribution définitive du bien à l’un ou l’autre des emprunteurs, ce qui implique un passage chez le notaire.

Désolidarisation du prêt et le prêteur

Si la banque n’accorde pas la désolidarisation, c’est parce qu’elle estime que l’époux emprunteur n’a pas les finances requises pour assumer la totalité du crédit à lui seul.

En cas de refus, l’attributaire peut tenter de faire racheter son prêt par une banque concurrente (certains financeurs attendront toutefois que la procédure de divorce soit close avant de donner leur accord). Il peut aussi compenser en présentant une garantie comme une hypothèque ou une caution.

L’hypothèque permet à la banque la banque de vendre le bien aux enchères judiciaire si l’emprunteur ne rembourse pas sa dette. Le recours à un notaire est nécessaire pour mener cette formalité dont le coût correspond à environ 1,5 % de la valeur du bien concerné.

La caution est fournie par des organismes spécialisés qui apportent leur garantie financière à la banque, moyennant 1 à 1,3 % du montant emprunté (pas de frais d’enregistrement, ni de mainlevée). Cette solution est généralement considérée comme la plus avantageuse pour l’emprunteur.

Bon à savoir

En ce qui concerne l’assurance attachée au prêt immobilier, le repreneur doit reprendre la quote-part de l’ex-conjoint. Le taux de l’assurance peut être renégocié en fonction de la durée résiduelle du prêt ; si le contrat a été souscrit il y a moins de 12 mois, le risque peut être placé chez un autre assureur (Loi Hamon/article L. 113-15-2 du Code des assurances).

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